Maison saine : On respire ce qu’on habite

De plus en plus souvent apparaissent dans les articles des revues spécialisées du bâtiment les notions primordiales de “salubrité“, de “vivabilité” , d’ innocuité.. Dans l’habitat comme dans le tertiaire, ces mots ne devraient pas couvrir des notions, mais bien des nécessités. Qu’est-ce qu’une maison saine ? Qu’est-ce qu’un bâtiment sain et respectueux de ses occupants ?

Et vous ? Vous préférez habiter dans une maison qui a été construite comme ça :

Spray_Polyurethane

 

ou dans une maison qui a été construite comme ça :

Mud_plaster_wall

Aujourd’hui, la paille, les enduits terre, les dalles chaux-chanvre sont des techniques constructives validées et de mieux en mieux reconnues. Elles permettent de construire une maison saine tout en respectant les règles de l’art, la sécurité et la solidité du bâtiment. Le gouvernement travaille même à un label « bio-sourcé » afin de reconnaitre les bâtiments utilisant ces matériaux « naturels » de ceux issus de la filière industrielle. 

L’énorme problème pour tous ceux s’intéressant à ces notions d’innocuité est la relativement faible valeur des mesures disponibles. La plupart de ces mesures sont issues de deux sources : des fiches FDES d’une part et la composition des matériaux d’autre part.

Les fiches FDES sont des fiches listant pour chaque matériau leur impact sur l’environnement. Certaines détaillent les éléments présents dans le cycle de fabrication donnant ainsi une idée de la teneur en matériau nocif du produit.

La composition des matériaux est celle indiquée par les fabricants sur la fiche technique du produit.

Ores, l’une comme l’autre sont des informations auto-déclarées. C’est à dire que c’est le fabricant et lui seul qui renseignent ces fiches FDES et la composition. Où est la fiabilité ? Difficile alors de choisir les bons matériaux soi-même pour avoir une maison saine.

La pertinence des informations dépends uniquement de la «bonne» conscience des fabricants. Si le produit est exempt d’ élément nocif, les valeurs accessibles le montreront et la composition sera rassurante. Si le matériau contient des substances nocives, irritantes,  cancérigènes ou mutagènes, le fabricant en toute logique ne va pas le crier sur tous les toits. La composition sera alors incomplète, ne listant pas certains produits dits secondaires dans le processus de fabrication et aucune fiche FDES ne sera établie puisque cette dernière n’ est pas obligatoire. Une obligation de contrôle de la fiche déclarative est maintenant en vigueur, elle ne prendra effet que d’ici mi-2016 et le calendrier de vérification des données laissent à penser qu’il faudra des années avant de disposer d’informations fiables.

Il existe un certain nombre d’ études dites indépendantes sur la nocivité de certains matériaux. Elles peuvent apporter quelques informations utiles pour se faire construire une maison saine. Je reste personnellement très prudent quand a la pertinence ou la valeur scientifique des études pour la simple et bonne raison qu’un grand nombre de laboratoires sont financés par les mêmes qui produisent les matériaux. Exemple avec l’innocuité de la laine de verre nouvelle génération, l’écologie du béton industriel ou la neutralité des substrats mêlé de poussières radioactives. Une maison construite à partir de rebus de l’industrie peut-elle vraiment être une maison saine ? Il est facile pour un laboratoire d’occulter certaines données pour ne faire valoir que les plus positives. cela fonctionne aussi dans l’autre sens lorsqu’il s’agit de dénigrer un matériau. La ouate de cellulose en fait régulièrement les frais.

Dés lors, il n’est pas évident de savoir quoi mettre dans les murs et les plafonds de sa maison saine. Pourtant, entre la maison et le bureau, nous passons 90% et même plus de notre temps au milieu des ces matériaux. C’est donc une question primordiale à se poser lorsqu’on souhaite être en bonne santé.

Devant l’absence de sources fiables, je préfère faire appel au bon sens et a l’expérience.

Les matériaux issus de la nature et ayant subi le moins de transformation sont à privilégier : paille, enduit terre, brique de terre crue, chanvre, laine de mouton, bois massif,

Même les matériaux comme la ouate de cellulose ou les fibres de tissus, ainsi que les panneaux de laine de bois doivent faire l’objet d’une attention soutenue. Ils ne sont pas naturels mais issus du recyclage. Vous ne connaissez pas forcément la composition, l’origine du matériau recyclé ou les adjuvants qu’ils contiennent. Naturel et recyclé, ce n’est pas du tout la même chose.

Nous devons déjà faire attention a ce que nous mangeons et nous buvons; en plus, nous devons nous protéger en ville des particules fines et polluants atmosphériques divers. Heureusement, nous pouvons agir sur un point au moins : il est à mon avis indispensables de prendre soin de notre air intérieur et de l’ambiance dans laquelle nous passons beaucoup de temps en employant les matériaux les moins toxiques possibles.
Ils existent, leur mise en œuvre est connu depuis des centaines, voire des milliers d’années alors pourquoi continuer à nous priver de cette possibilité.

Construire une maison en paille bio, avec une ossature bois massif issu des forêts locales, le tout couvert par des enduits terre et avec des murs de masse en brique de terre crue est une possibilité parmi d’autres.

La conception d’un bâtiment bioclimatique, la construction d’une maison écologique, ce n’est pas qu’une question de forme, d’orientation et de performance énergétique. Notre bureau d’études recherche les meilleurs matériaux pour obtenir le meilleur lieu de vie ou d’activités lorsque nous concevons un bâtiment ou analysons un projet.

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